Comment détecter, soigner et repérer une MICI ?

Les MICI – quatre lettres pour deux maladies inflammatoires chroniques de l’intestin – touchent entre 250 et 300 000 personnes en France, souvent des jeunes âgés de 15 à 35 ans.

Les MICI (prononcez miqui) sont deux inflammatoires chronique de l’intestin, la maladie de Crohn et la rectocolite hémorragique avec 8 000 nouveaux cas par an, 50 % de maladie de Crohn, 50 % de rectocolite hémorragique, et des formes intermédiaires, dénommées colite indéterminée, ces maladies aux origines identiques, sont en nette augmentation dans le monde. Pourquoi surgissent-elles chez les jeunes? On n’en sait trop rien et on pense à une prédisposition génétique, quelques formes sont familiales. L’augmentation des cas est certainement due à l’environnement, au mode de vie contemporain.

MICI : Une typologie différente – La maladie de Crohn

On dénombre trois grands types de maladie de Crohn en fonction de la localisation de la maladie sur le tube digestif. Un tiers concerne la fin de l’intestin grêle, 1/3 la fin de l’intestin grêle et le gros intestin et 1/3 le côlon. La maladie peut aussi toucher des segments plus hauts de l’appareil digestif: le début de l’intestin grêle, l’œsophage ou l’estomac, de façon moins fréquente. Chez la moitié des malades, au fil du temps l’anus peut être atteint ce qui peut conduire dans des cas extrêmes à la mise en place d’un anus artificiel définitif. Perforation intestinale, fistule, péritonite, occlusion intestinale, obligent à intervenir chirurgicalement : tout doit être fait pour éviter les complications. L’inflammation peut se localiser aussi en dehors de l’intestin et provoquer des manifestations rhumatismales, oculaires ou cutanées.

La rectocolite hémorragique et la MICI

Elle touche toujours le rectum et souvent le côlon. Ne va jamais sur l’intestin grêle ni sur l’anus. Jamais de sténose ni de fistule non plus.

MICI : Ralentir les poussées

Ces maladies entraînent des symptômes redoutables. Elles évoluent par poussées provoquant des crises inflammatoires. Douleurs intestinales, diarrhées impérieuses quotidiennes, épuisement, amaigrissement, fièvre sont le lot des patients. Les médicaments habituels permettent de réduire la fréquence et la durée des poussées. Et ils soulagent les symptômes dans l’objectif de permettre une qualité de vie normale. On propose donc aux patients différents traitements anti-inflammatoires. Mais les crises reviennent généralement. Les médicaments agissant sur les poussées de la maladie sont les aminosalycilés, les corticoïdes, et certains immunomodulateurs à délai d’action rapide. Les immunomodulateurs diminuent le nombre des cellules inflammatoires produites en excès.

MICI : La révolution des biothérapies

« Nous avons les moyens d’éviter les crises », promet le professeur Laharie. Ce n’est pas rien. Classe médicamenteuse plus récente : les anticorps monoclonaux qui sont des médicaments ciblant les voies responsables de l’inflammation intestinale. C’est le mécanisme des anti-TNF qui ont révolutionné la prise en charge des malades depuis près de 20 ans. Dans les MICI, certaines de nos cellules immunitaires, les globules blancs, migrent en nombre anormalement élevé vers le tube digestif, ce qui entretient l’inflammation chronique. De nouvelles biothérapies sont maintenant disponibles. Ce sont des médicaments, des anticorps, qui vont se lier à une protéine à la surface des globules blancs et bloquer leur action néfaste. Ainsi obtient-on une action ciblée sans anéantir le globule blanc. Celui-ci ne peut plus migrer vers le tube digestif ni y proliférer en excès. Et, se félicite le professeur Laharie:« L’inflammation est réduite et pour la première fois, les effets secondaires du traitement sont limités. »

Les anti-TNF bloquent le processus inflammatoire

Ces anticorps monoclonaux ou « anti-TNF », parce qu’ils inhibent l’action des TNF, ou facteurs de nécrose tumorale, sont des biothérapies indiquées (et remboursées par l’assurance maladie) chez les patients intolérants aux traitements conventionnels. Les TNF constituent donc des protéines synthétisées par des cellules du système immunitaire. La production excessive, anormale de ces TNF, dans le processus inflammatoire de la maladie, a des conséquences délétères sur tout l’organisme. Ainsi administrer des anti-TNF bloque ce processus. Ce sont actuellement les molécules les plus puissantes et les plus efficaces. Ce n’est pas tout : plein de nouvelles molécules sont sur le point d’être commercialisées, pour des traitements personnalisés, à savoir qui luttent spécifiquement contre l’inflammation sans s’attaquer au reste de l’organisme.

Pour éviter les MICI : Des règles de vie de bon sens

Une activité physique régulière – la sédentarité n’est bonne pour personne ! marche, jogging, nage, vélo ; des sports à pratiquer à vitesse raisonnable sont recommandés. L’endurance plutôt que le sprint Toute activité anti-stress, relaxante est conseillée. Yoga (et son succédané la sophrologie), kinésithérapie assouplissante, ostéopathie. L’alimentation? « Rien n’est à bannir, précise le professeur Laharie. Ni de régime type ni de conduite alimentaire qui exclurait un groupe d’aliments. Il n’est pas question d’imposer des restrictions alimentaires, du style sans gluten, alors qu’il n’existe aucune preuve scientifique de sa nécessité. Mais bien se nourrir est indispensable pour lutter contre la fatigue. » Manger bio, ne serait-il pas alors un moindre mal puisque l’agriculture actuelle favorise les MICI ? Entre ne pas se priver et manger n’importe quoi, la marge est grande !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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